11/05/2009 

Inead Newsletter n° 10

Edito
Alors que beaucoup d’entre vous révisent en vue des différents examens et concours pour lesquels vous vous êtes préparés avec notre Ecole, nous vous proposons une petite pause détente avec la newsletter de mai.
Bonne chance et bonne lecture !

Paroles d’étudiants

Coralie – 22 ans
« Je poursuis actuellement des études à distance pour des raisons humanitaires !! En effet, depuis toujours je voulais partir vivre une expérience forte dans un pays africain avec une ONG. C’est aujourd’hui le cas, mais … je n’ai pas pour autant laissé tomber mes études, je suis en parallèle une formation à distance pour devenir infirmière. Je rentrerai en France pour passer le concours, suivre mes trois années, et je repartirai car ma vie est désormais auprès des africains. »

Serge – 30 ans
« J’ai dû arrêter mes études jeune, pour des raisons … sentimentales !!! Je me suis marié, j’ai eu deux enfants, aujourd’hui qu’ils sont grands, ma femme désire entrer dans la vie active. Du coup nous avons décidé que je reprenais mes études … Et me voilà à travailler un DEESMA pour valider une troisième année qui me permettra, j’espère, d’avoir un travail plus valorisant. »

Zoom sur ... Le Paramédical : un secteur fait pour vous !
Longtemps considéré comme une voie de garage, empruntée par les étudiants n’ayant pas réussi médecine ou pharma, le paramédical connaît actuellement un regain de popularité. Vous souhaitez faire de la santé votre profession ? Vous avez raison ! Nombreux sont les métiers et les débouchés !
Les filières paramédicales sont accessibles à partir du bac (souvent après un bac S, ou après un bac SMS, voire n’importe quel bac général), et proposent des formations courtes d’une durée de 2 ou 3 ans (exceptionnellement 4 pour les orthophonistes), comprenant de nombreux stages. Nous vous conseillons de passer plusieurs concours (un même diplôme dans plusieurs écoles) la même année pour multiplier vos chances d’obtenir un résultat, sans toutefois vous éparpiller. Pour vous préparer au concours, vous pouvez faire une année préparatoire en école ou par correspondance. Certaines formations peuvent demander le classement au PCEM1 (comme l’Ifsi de Rhône-Alpes et d’Aquitaine pour les études d’infirmier, ou les écoles d’ergothérapeutes de Bordeaux, Lyon et Nancy). Quant à ceux qui aimeraient se lancer dans le paramédical sans avoir le niveau bac, sachez qu’il existe des possibilités.
Les métiers comme aide-soignante, ambulancier, orthoprothésiste, orthopédiste- orthésiste, podo-orthésiste, prothésiste dentaire, préparateur en pharmacie (mais pas pour exercer en hôpital), n’ont pas de niveau scolaire exigé avant l’entrée dans la formation.

Les concours du paramédical
Si vous êtes attiré par ces professions, sachez que les concours paramédicaux sont très sélectifs du fait du nombre très important de candidats et de leur niveau de préparation. La sélection à l’entrée nécessite très souvent le passage par une prépa voire, pour certains centres de formation en kinésithérapie, par une 1ère année de médecine. Examen du dossier, tests, entretiens : la sélection est rude ! Ce 1er cap franchi, vous ne serez pas sorti d’affaire… Le nombre de places offertes en 2ème année est réduit : chaque année, un arrêté du gouvernement réglemente le nombre de professionnels, c’est ce que l’on appelle le numerus clausus. Beaucoup de candidats donc, mais peu d’élus… Les concours paramédicaux ne sont cependant pas tous aussi sélectifs. Les écoles d’infirmières, par exemple, admettent environ 1 candidat sur 5. Vous pouvez aussi passer par des universités pour préparer les concours mais ces établissements sont pris d’assaut par les étudiants car ils sont quasi gratuits ! Ou encore tenter les préparations aux concours par correspondance. Seul souci : vous n’aurez pas de statut étudiant et, par conséquent, vous ne serez pas affilié au régime étudiant de la Sécurité sociale. Vous ne bénéficierez pas non plus des bourses de l’enseignement supérieur octroyées par le Ministère de l’Éducation Nationale…

Les diplômes d’Etat
Les diplômes d’État se préparent après le bac et sont des formations qui mènent à un bac + 3. L’entrée se fait sur concours, avec généralement des épreuves de biologie, physique, des tests psychotechniques…
Parmi ces formations, vous trouverez les métiers d’ergothérapeute, de masseur-kinésithérapeute, manipulateur en radiologie médicale, psychomotricien, pédicure-podologue et technicien en analyse biomédicale. Le diplôme d’infirmier, qui sera reconnu à bac + 3 en 2012, est également un diplôme d’État. À la fin de celui-ci vous pouvez passer en 2 ans la spécialité infirmier-anesthésiste, en 18 mois la spécialité pour le bloc opératoire, et en 1 an le diplôme d’État de puéricultrice. D’autres métiers s’exercent avec un certificat de capacité. La formation dure 3 ans et aboutit à un bac + 3. Pour être orthophoniste ou orthoptiste (rééducation des yeux), il vous faudra passer ce diplôme. Attention pour les orthophonistes, la formation se fait en 4 ans même si le diplôme délivré est un bac + 3.

Témoignage : « le métier d’infirmier évolue »
Jérôme Clément, cadre de santé infirmier et coordinateur pédagogique :
« La formation n’est pas en soi difficile d’accès. Un quota d’étudiants à admettre en 1ère année est défini par arrêté chaque année. En 2008, le quota a été fixé à 30 342 étudiants (arrêté du 20 juin 2008 fixant le nombre d’étudiants à admettre en 1ère année d’études préparatoires au diplôme d’État d’infirmier sur le plan national). Dans chaque région, une partie de ce quota est inextensible. Il y a donc une notion de places limitées et par conséquent de concours. Parfois, localement, les places sont peu nombreuses par rapport au nombre de candidats. Attention, le concours n’est pas plus facile quand les places sont très nombreuses. Il y a un minimum de résultats à obtenir pour être admis. Au cours de la formation, la moitié du temps sera consacrée aux stages de terrain. Et cette partie de la formation est bien entendu essentielle pour former les futurs professionnels de santé.
On parle de formation en alternance avec un rythme d’un mois de cours à l’Ifsi, puis un mois de stage. Le métier d’infirmier évolue. La population vieillit, on vit plus longtemps et on aspire à vivre mieux plus longtemps. Demain les soignants devront donc prendre en charge plus de personnes âgées, avec des pathologies émergentes comme la maladie d’Alzheimer. »

Le Dossier du mois
Baudelot et Establet mettent à mal l’élitisme à la française

Le système éducatif français possède le record des inégalités sociales. Les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet en ont fait le leitmotiv de leur dernier ouvrage, L’élitisme républicain. L’école française à l’épreuve des comparaisons internationales (1). Si la thèse n’est pas nouvelle, les deux chercheurs ont su étayer leurs arguments par une étude poussée des résultats de l’enquête PISA (2). Les conclusions qu’ils en tirent sont alarmantes. Roger Establet nous en a fait part.

Quels reproches peut-on faire à l’école française à la lumière de l’enquête PISA menée par l’OCDE ?
La France possède le record des inégalités sociales. C’est dans notre pays que l’écart de points entre les élèves dont le statut économique, social et culturel des parents est élevé et ceux dont le statut économique, social et culturel est faible reste le plus important. En culture scientifique, il est de 122 en France (3). En compréhension de l’écrit et en mathématiques, nous sommes avant-derniers, ce qui n’est pas plus glorieux. Cela montre que certains pays parviennent à limiter les inégalités, mais que ce n’est pas le cas de la France. On voit aussi que les systèmes qui atténuent les inégalités possèdent une efficacité globale plus forte.

Autre caractéristique selon vous : la France produit beaucoup d’élèves d’un niveau scolaire très faible.
En effet, la part des élèves de 15 ans au niveau le plus bas est passée de 15,2% en 2000 à 21,8% en 2004. Mais, contrairement à ce qu’on entend souvent, la massification ne contribue pas à l’affaiblissement général du niveau. L’enquête internationale montre clairement que moins un pays a d’élèves en échec, plus son élite est brillante. En aidant les plus démunis, on aide aussi l’élite. Et dans ce domaine, il n’est pas bon de faire redoubler les élèves (4). L’enquête l’illustre avec beaucoup de clarté. Or, c’est dans notre pays que la pratique du redoublement est la plus répandue. A l’inverse, les pays qui obtiennent les meilleurs scores ne font jamais redoubler leurs élèves (5). Il n’est pas bon non plus de sélectionner de façon précoce les élèves.
La création du collège unique en Pologne a permis de faire grimper significativement leur niveau. En France aussi nous avons un collège unique, mais il n’est qu’un leurre, car, en réalité, il existe des classes de niveau et des collèges de niveaux très différents selon les quartiers.

En 1989, vous écriviez « Le niveau monte ». Or, l’enquête PISA montre que le niveau scolaire des Français a baissé entre 2000 et 2006. Vous seriez-vous trompé ?
Sur le long terme, le niveau a clairement monté. En revanche, depuis dix ans, le niveau scolaire des élèves a baissé. Entre 2000 et 2006, les Français ont perdu 17 points en compréhension de l’écrit et 15 points en mathématiques. Mais ce n’est pas une fatalité. Ainsi, pendant la même période, la Pologne a gagné 28 points en compréhension de l’écrit et 5 points en mathématiques.

Dans quelle mesure les différences de moyens expliquent-elles les écarts de résultats ?
Les moyens financiers sont très importants. En effet, on voit bien que les pays riches sont aussi les plus performants. Les pays les plus pauvres comme la Turquie et le Mexique sont clairement ceux où les performances sont les plus faibles. L’énorme investissement que le pays a fourni a porté ses fruits. Néanmoins, l’argent n’explique pas tout car, à richesse égale, les performances peuvent être très différentes. Les méthodes d’enseignement ont un énorme impact. Ainsi, au Canada qui obtient d’excellents résultats, les élèves passent leurs heures de cours non pas à écouter, mais à faire des exercices. C’est le fameux « learning by doing » prôné par l’Américain John Dewey.

(1) Paru le 12 mars 2009 aux éditions du Seuil, 10,50 euros.
(2) Programme for International Student Assessment (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).
(3) Alors  qu’il n’est que de 63 en Finlande, 68 au Canada et 87 en Espagne.
(4) En 2003, 40% des Français de 15 ans étaient « en retard ».
(5) Finlande, Islande, Norvège, Japon, Corée du Sud.
(6) Edité au Seuil.

Source : La lettre de l’Etudiant n° 941 du 23/03/09

 

Merci pour cette lecture, et à bientôt pour une prochaine Newsletter.


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11-05-2009